Le nombre de visiteurs n'a cessé d'augmenter, de nouvelles salles ont été ouvertes et l'on y respire toujours une atmosphère de privilège que les personnages en vue se chargent d'entretenir.
Au premier plan sont les femmes: cocottes ou courtisanes de haut bord et excentriques dont on fait des pionnières de l'émancipation féminine. La Belle Otéro, gitane de luxe qui a commencé à parier innocemment au Casino à l'âge de 13 ans, choisissant par la suite de jouer avec l'argent des autres. Elle épouse en secondes noces un français qui lui transmit sa passion du jeu. Elle a 18 ans lorsqu'elle rentre dans un casino pour la 1ère fois. Elle gagne ce jour-là 700.000 frs. Elle laissera 30 millions sur le tapis vert du Casino de Monte-Carlo où en un soir, elle perdit 1 million de francs or.
Liane de Pougy, qui lui fait une concurrence impitoyable, Cléo de Mérode qui soutient la nécessité pour les femmes de conserver quelques sains principes. Cette figure centrale rappelle également Emilienne d’Alençon, tout aussi célèbre. Toutes ces femmes papillonnent entre de judicieuses inspiratrices et les hommes qui les entretiennent.
La salle est conçue à l’origine comme salon de conversation, en 1903, par l’architecte Schmit qui imagine de faire porter les luminaires par d’immenses cariatides, tandis que se détache un étrange tableau du peintre toulousain de la "Belle Epoque" Paul Gervais. Il est inspiré par la beauté, suivant les canons de ce début de siècle, des reines de Monte-Carlo que l'on aperçoit flirter sans le hall de l'Hôtel de Paris, traverser hautaines la Place du Casino et s'asseoir autour d'une roulette entourées d'admirateurs, dont nous venons de parler plus haut – Cléo de Mérode, Liane de Pougy & Emilienne d'Alençon reconnaissent fort bien leurs silhouettes dans les corps dénudés que Gervais entoure de quelques tulles vaporeux : Les Grâces Florentines. Ce thème des trois divinités de la beauté, Les Grâces, Gervais le reprendra en 1909 pour le panneau de fond de la salle de restaurant, la Salle Empire de l'Hôtel de Paris, Les naïades. Sur ce thème de la mise en valeur du corps féminin, c'est une fresque toute nouvelle, plus romantique qu'imagine l'artiste.
Le cartel est en bois doré, sculpté en forme de violonée, flanqué de 2 bustes d’angelots ailés.
Depuis 1991, date de sa rénovation, elle abrite des appareils automatiques.
A la suite de cette salle, Henri Schmit réalise en 1903 le Bar vert, qui fut transformé en salon de jeux "Super privés" en 1973 puis en bureaux en 1988, lors de la rénovation des Salles Touzet. Le "snack Touzet" est transféré dans la Salle Blanche.