L’Opéra fut conçu et réalisé par le célèbre architecte Charles Garnier en 1878.
Les travaux commencés en juin 1878, furent menés à une allure record puisque huit mois et 16 jours séparent les premières fondations de la pose des stucs et peintures de la voûte. Ce délai fut possible grâce à l’éclairage et aux rotations jour et nuit.
L’inauguration eut lieu le 25 janvier 1879.
La scène formait un petit salon de musique décoré de 5 toiles dont 1 seule subsiste actuellement
L'Allégorie de la danse, de Saintin, peinture à la colle sur toile de 178 x 675 cm. Elle est accrochée au mur d'un des salons privés de la Salle des Palmiers au Sporting Monte-Carlo.
Les autres toiles qui ornaient la scène sont
La Musique de Monginot,
La Poésie de M. Dusautoy,
Le Chant de M. Barrias et
La Comédie de M. Motte.
En 1897, la décision est prise d’exécuter d’importants travaux. Les modifications furent confiées à l’architecte Henri Schmit. Charles Garnier, malade, écrit à la Direction son mécontentement.
La salle s’inscrit dans un volume presque carré: 20m de profondeur sur 21m de largeur.
La scène a un cadre de 10.75m x 6.50m, un plateau de 12 x 12m avec 2m de coulisses tout autour. L’Opéra a une capacité de 525 places.
Les deux loges, de part et d’autre de la scène, ont une fonction essentiellement ornementale, de même que les 12 oeils-de-boeuf censés éclairer la voûte, surmontés de têtes allégoriques sculptées par Félix Chabaud.
Aux quatre coins du plafond, les grandes renommées de Jules Thomas balancent éternellement leurs palmes dorées à la gloire du Prince Souverain. L’arc de la scène est surmonté de deux renommées dues à Jean Gautherin.
La voûte est ornée de quatre panneaux peints sur toiles marouflées :
La Musique instrumentale de Gustave Boulanger se déploie au-dessus de la scène. Le chef d'orchestre en est une grande femme aux ailes déployées, à la cambrure vertigineuse, aux cheveux roux. Autour d'elle, deux jeunes filles en blanc au regard alangui, font chanter leurs violons. Trois superbes harpistes, un jeune berger de la Grèce Antique, un Africain tapant sur un tambourin, trompettes et joueurs de cor forment l'orchestre. Rien n'est laissé au hasard, ni à l'imprévu, le moindre détail de cette composition a été étudié, élaboré dans l'atelier de l'artiste.
Au centre du panneau de Frédéric Lix, La Comédie situé côté mer, se trouve assis un jeune poète prêt à transcrire sur ses tablettes ce que lui inspirera sa muse mi – nue qui agite un masque au-dessus de la tête. A ses pieds une femme aux cheveux blonds, aussi dévêtue qu'il est permis de l'être. Est-ce Vénus ? Est-ce une nymphe ?
Plus à l'écart "la Renommée" embouche une double trompette pour crier aux quatre coins du monde les louanges du poète. Deux groupes d'amoureux : le premier valse sur l'herbe fleurie, l'autre se repose à l'ombre des orangers. Tous ces personnages mythologiques se découpent sur un ciel et une mer bleue où jouent tritons et naïades.
Georges Clairin a déjà collaboré avec Garnier pour la décoration du plafond de la salle de spectacles de l'Opéra de Paris. Ici, sur le côté gauche de la salle, met en scène La Danse sous toutes ses formes, à tous les âges, avec ses costumes les plus primitifs et les plus différents. Il nous la montre, dévêtue, n'ayant pour toute parure que ce chatoiement d'un foulard orange sur ses cheveux noirs, une admirable forme féminine rappelant Phryné sur le sable des plages grecques. Voici la danseuse orientale aux sequins d'or sous les voiles de soie et une mystérieuse apparition émergeant de touffes de fleurs. Elles dansent aux accords d'un invisible orchestre dirigé par un génie aux ailes déployées. Les danseuses de l'Opéra accourent entourées de gaze, de tulle, de paillettes, d'éclats des ors. N'oublions pas la danseuse espagnole et son figaro, les divers arlequins de la Commedia dell'arte. Toute la troupe est présente, dominée par un domino noir aux vêtements de soie, au sourire ensorceleur.
Dans
Le Chant et l'Eloquence, au-dessus de la loge princière, la nature poétique et mélancolique du peintre François Fayen – Perrin nous a donné une oeuvre qui n'a pas le brio éclatant de ses voisines. Elle ne chante pas les grands combats antiques où les liesses des Dieux de l'Olympe, mais Homère le poète grec, vieilli, aveugle, errant de ville en ville et déclamant ses vers. Blancs vieillards à la longue chevelure, jeunes bergers, brunes jeunes femmes écoutent avec passion les vers du poète.
Chacune des quatre toiles mesure 15m x 6m.
Le 27 mai 1966, à l'occasion des festivités du centenaire de Monte-Carlo, un grand bal "Les fastes du Second Empire" est donné à l’Opéra et sur les terrasses desservies par un escalier créé spécialement pour cette soirée.
La Salle Garnier a été totalement restaurée, tout en conservant son esprit classique. Ces travaux ont permis de retrouver le décor d’origine avec son grand lustre. Les travaux, confiés à Mr Alain - Charles Perrot, architecte en chef des Monuments Historiques français, ont débuté le 1er septembre 2003 et pour se terminer le 09 septembre 2005. L’inauguration officielle a lieu le 19 novembre, à l’occasion de la fête nationale, avec au programme une soirée d'exception: "Le voyage à Reims" de Rossini. Les travaux ont consisté en: la rénovation de la toiture, la reprise structurelle du bâtiment et les aménagements en sous-sol et de la scène ainsi que la rénovation de la salle et du grand lustre.
Alors qu'il avait fallu seulement 8 mois à Garnier pour construire la salle de concerts, 2 ans auront été nécessaires pour lui redonner son faste d'antan, mais toujours avec la même passion de l'excellence.
Sur la corniche de la porte d'entrée princière de l'Opéra, dans le tympan on peut admirer un bas-relief en bronze du sculpteur Henri-Louis Cordier, composé de deux figures allégoriques demi-assisses et se souriant l'une et l'autre par-dessus un écusson. Ce sont
La Musique et "La Danse".
La musique a bien entendu la fameuse lyre traditionnelle dont on ne joue plus depuis des siècles et qu'elle s'apprête à gratter avec le plectrum que les non initiés pourraient prendre pour un os de côtelette.
La Danse, avec une couronne de pampres dans les cheveux, agite d'une main le fameux thyrse surmonté de la pomme de pin obligatoire et de l'autre secoue les coquilles sonores des castagnettes.